Similaires mais pas complémentaires, les économies du Mali, du Niger et du Burkina Faso sont minières et agricoles qui pâtissent du faible taux de transformation locale, du coût élevé de l’énergie et des conséquences de l’enclavement. Ce sont ces ressemblances et bien d’autres encore, expliquent pour Le360 Afrique économistes et politiques, qui serviront de piliers à la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’Alliance des États du Sahel récemment créée.Le 2e collège des chefs d’État de l’AES s’est tenu à Bamako du 22 au 23 décembre 2025 au cours duquel a été lancée la banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’Alliance des États du Sahel (BCID-AES), dotée de 500 milliards de francs cfa.Similaires mais pas complémentaires, les économies du Mali, du Niger et du Burkina Faso sont essentiellement minières, agricoles et d’élevage. Et les similitudes concernent également le faible taux de transformation locale, le coût élevé de la production et de l’énergie et des routes qui restent à construire. Et bien entendu l’enclavement. La zone sahélienne est l’une des moins électrifiées au monde alors qu’elle possède un très fort potentiel en énergies renouvelables.
Ce sont le voisinage géographique et les ressemblances économiques qui devraient servir de piliers qui soutiendront la BCID-AES.
Dans un entretien avec Le 360 Afrique, l’économiste malien Modibo Mao Makalou rappelle que «dans la sous-région, il n’y a que deux banques d’investissements et de développement, la banque ouest-africaine de développement (BOAD) basée à Lomé et rattachée à l’UEMOA et la banque d’investissement de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (BIDC)».
En se retirant de la BIDC, les trois pays de l’AES n’envisagent de concurrencer ni cette dernière ni la BOAD mais d’agir en complémentarité, tient à préciser Modibo Mao Makalou selon lequel «les trois pays de l’AES sont enclavés qui ont des défis structurels et conjoncturels similaires.»
L’économiste estime qu’«en fédérant leurs efforts le Mali, le Niger et le Burkina Faso peuvent lever les obstacles au développement auxquels ces pays sont confrontés; notamment, le coût élevé des outils de productions, l’accès à l’électricité, le manque de communication, les routes pour lier les zones de productions à celles de consommations». Le bien-fondé de la banque de l’AES repose donc sur la similarité des challenges, résume l’économiste.
Pour sa part, Fousseynou Ouattara, membre du Conseil national de transition du Mali précise que «la BCID-AES va s’occuper des levées de fonds pour financer la construction des infrastructures routières et beaucoup d’autres projets structurants».
Il ajoute que «les trois ministres ont également annoncé la création d’une centrale d’achat. Cette banque va aider les États du Sahel à faire des levées de fonds sans les tracasseries du fonds monétaire international ou de la banque mondiale». Fousseynou Ouattara conclut en précisant que «la BCID-AES ne va pas s’occuper de l’émission monétaire; mais plutôt pour la levée de fonds».
Source : Le360 Afrique




