Les présidents sénégalais et sierra-léonais rencontrent samedi les autorités de transition, deux semaines après une première visite diplomatique qui avait permis la libération de six proches de l’opposant Domingos Simões Pereira, toujours détenu.

Les présidents du Sénégal et de la Sierra Leone sont arrivés samedi à Bissau pour une nouvelle mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, marquant une intensification des efforts diplomatiques régionaux auprès des autorités militaires guinéennes, a constaté APA.

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, également président en exercice de la Cédéao, est arrivé le premier et a été accueilli par le général Horta N’Tam, dirigeant de la transition. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est arrivé quelques instants après, également accueilli par le général N’Tam.

La visite de Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio intervient deux semaines après une première mission sénégalaise qui avait obtenu la libération partielle de détenus politiques. Six personnes proches de l’opposant Domingos Simões Pereira ont été relâchées suite à la visite du ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Niang le 22 décembre, selon des sources diplomatiques. L’ancien président de l’Assemblée nationale populaire reste toutefois en détention.

Cette initiative diplomatique s’inscrit dans la mise en œuvre des décisions adoptées lors du dernier Sommet de la Cédéao à Abuja, visant à restaurer l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, à la suite du coup d’État du 26 novembre perpétré par le général Horta N’Tam contre le président sortant et candidat à l’élection présidentielle du 23 novembre, Umaro Sissoco Embalo, désormais exilé.

Le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, a pris le pouvoir après l’interruption du processus électoral à 24 heures de la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale. Installé à la tête d’une transition d’un an, l’officier a nommé un gouvernement et adopté une charte de transition.

Domingos Simões Pereira, principal soutien du candidat présidentiel Fernando Dias da Costa, demeure en détention. Ce dernier, qui revendiquait la victoire dès le lendemain de l’élection, s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau.

La Cédéao a rejeté le chronogramme de transition annoncé par les auteurs du coup d’État. Dans son communiqué final de la 68e session ordinaire du 14 décembre à Abuja, l’organisation a rappelé que les élections du 23 novembre avaient été jugées « libres, transparentes et pacifiques » par sa mission d’observation et d’autres instances internationales.

L’organisation régionale exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, la mise en place d’une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif, et la protection des dirigeants et institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau.

La Cédéao a chargé sa Commission d’accompagner pleinement le processus de transition et dépêchera une mission de haut niveau ainsi qu’une délégation du Comité des Chefs d’État-Major pour dialoguer avec les autorités militaires. Elle avertit que des sanctions ciblées seront appliquées à toute personne ou groupe entravant le retour à l’ordre constitutionnel et invite l’Union africaine et les partenaires internationaux à soutenir la mise en œuvre de ces décisions.

Lors de sa mission du 22 décembre, la délégation sénégalaise, qui comprenait également le ministre des Forces armées Birame Diop, avait plaidé pour la libération des prisonniers politiques et la sécurisation des réfugiés. Les autorités de transition ont justifié le soulèvement militaire par la nécessité de prévenir des tensions internes et de lutter contre les réseaux de narcotrafic, tout en annonçant des réformes institutionnelles et électorales.

Source/AC/APA

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