Le président Adama Barrow a annoncé vendredi qu’un bateau transportant des migrants irréguliers a chaviré la nuit du réveillon au large de la côte nord du pays, faisant au moins sept morts, tandis que 102 personnes ont été secourues et que les recherches se poursuivent.
Au moins sept personnes ont péri et 102 autres ont été secourues après le naufrage d’une embarcation transportant des migrants irréguliers au large du village de Jinack, dans la région de North Bank, a annoncé vendredi le président gambien Adama Barrow dans une adresse à la Nation.
Le drame s’est produit « vers minuit » le soir du 31 décembre 2025, selon le chef de l’État, qui a précisé que « sept corps ont été récupérés » mais que « les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent pour localiser ceux qui sont toujours portés disparus ».
Parmi les 102 personnes secourues, « un certain nombre de victimes sont toujours sous soins médicaux urgents », a indiqué le président Barrow, sans préciser le nombre exact de disparus ni la nationalité des passagers.
Le gouvernement gambien a activé son Plan national d’intervention d’urgence et déployé « des ressources adéquates pour intensifier les efforts et fournir une assistance immédiate aux survivants », selon le communiqué présidentiel.
Le président Barrow a rendu un hommage appuyé au personnel ghanéen de la Marine gambienne qui a réagi « rapidement » à l’alerte de détresse, « en mettant leur vie en danger pour sauver celle des autres ».
Il a également salué le travail des équipes médicales de l’hôpital Edward Francis Small Teaching Hospital et des volontaires communautaires, notamment les pêcheurs locaux.
« Au nom du gouvernement et du peuple de la Gambie, je présente mes sincères condoléances aux familles endeuillées et à tous ceux qui sont touchés par cette tragédie déchirante », a déclaré M. Barrow, assurant aux familles anxieusement en attente de nouvelles qu’elles ne sont « pas seules dans cette épreuve ».
Le chef de l’État gambien a saisi l’occasion pour rappeler « la nature dangereuse et mortelle de la migration irrégulière ». « Certainement, aucun rêve, voyage ou promesse ne vaut la perte d’une seule vie en mer », a-t-il affirmé, réitérant l’engagement de son gouvernement à « renforcer les efforts pour prévenir la migration irrégulière » et à « créer des opportunités plus sûres et plus dignes pour nos jeunes ».
Le président a annoncé qu’une « enquête complète » sera lancée sur cet incident et que « toutes les personnes reconnues coupables seront traitées conformément à la loi ».
La Gambie, petit pays d’Afrique de l’Ouest enclavé dans le Sénégal avec une façade atlantique, est devenu un point de départ majeur pour les migrants tentant de rejoindre l’Europe via la dangereuse route de l’Atlantique vers les îles Canaries espagnoles.
Ce nouveau drame s’inscrit dans une année 2025 particulièrement meurtrière pour les routes migratoires entre l’Afrique et l’Europe. Selon l’ONG Caminando Fronteras, au moins 3 090 personnes ont perdu la vie dans 303 tragédies recensées jusqu’au 15 décembre 2025, confirmant la frontière occidentale euro-africaine comme l’une des routes migratoires les plus meurtrières au monde.
La route gambienne a connu une intensification au troisième trimestre 2025, avec 160 victimes documentées dans sept tragédies, transportant majoritairement des citoyens gambiens et sénégalais, selon le même rapport. La route mauritanienne demeure la plus létale avec 1 319 victimes dans 27 tragédies, suivie de la route algérienne du Méditerranée occidental qui concentre 70 % des naufrages maritimes avec 1 037 victimes.
L’ONG dénonce un « système qui continue d’antéposer le contrôle des frontières à la protection de la vie », pointant du doigt les politiques d’externalisation des frontières qui transforment les pays africains en gardiens de l’Europe, avec des retards ou l’inaction face à des embarcations en danger.
Source/AC/Sf/APA




