Les autorités maliennes et le groupe minier canadien Barrick Gold ont franchi une nouvelle étape majeure vers la résolution de leur différend autour du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, l’un des plus importants d’Afrique de l’Ouest.

Selon des sources proches du dossier citées par l’agence Reuters, un accord verbal de principe a été conclu le 21 novembre 2025 entre les deux parties. Aucun document officiel n’a toutefois encore été signé.

Cet accord verbal non encore annoncé officiellement intervient après plus d’un an de tensions liées à l’application du nouveau code minier malien.  Selon les révélations de Reuters, les discussions entre l’Etat et Barrick ont porté sur plusieurs points sensibles : le renouvellement pour dix ans du permis d’exploitation, dont l’échéance est prévue en février 2026 ; la libération de quatre employés de Barrick Gold arrêtés au Mali ; la restitution de trois tonnes d’or saisies par l’État ; ainsi que le retrait de la procédure d’arbitrage engagée par Barrick Gold contre le Mali. Les deux parties en conflit ouvert depuis plus d’un an espèrent une concrétisation de ces engagements qui, selon elles, contribueraient à restaurer un climat de confiance et permettre une normalisation durable des relations.

Le différend entre le gouvernement Malien et le groupe canadien Barrick est né suite à la publication d’un rapport d’audit sur le secteur minier, qui a révélé près 600 milliards FCFA de manque à gagner pour l’Etat, et la décision des autorités d’accroître les retombées nationales du secteur aurifère avec l’adoption d’un nouveau code minier octroyant une participation 35 % à l’Etat dans les sociétés d’exploitation. L’Etat malien réclame jusqu’à 315 milliards FCFA à la compagnie minière à la suite de la publication de ce rapport d’audit. Les responsables de Barrick Gold avaient contesté certains aspects de sa mise en œuvre du nouveau code minier en acceptant de verser 275 milliards Fcfa   sur les 315 milliards réclamés.  Ce qui avait entraîné la prolongation un bras de fer.

Barrick Gold, qui exploite depuis plusieurs années le complexe de Loulo-Gounkoto figurant parmi les plus grands producteurs d’or du continent, avait suspendu  ses activités en janvier   dernier suite à la prolongation des tensions persistantes.  C’est ainsi qu’en juin 2025, un tribunal de travail de Bamako avait désigné un administrateur provisoire pour assurer la continuité des opérations.  Dans la foulée, Barrick décide de saisir le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) qui a finalement tranché en faveur du gouvernement Malien, le 29 octobre dernier, en rejetant la demande d’urgence déposée par la société minière canadienne Barrick Gold, qui sollicitait la suspension des actions engagées par le Mali dans le cadre du différend autour du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto.

Après avoir subi deux revers devant la justice nationale et internationale, Barrick semble décider de revenir à la raison en concluant un accord verbal non encore paraphé par le ministère des Mines du Mali.  Barrick et l’Etat malien pourraient parapher cet accord prochainement. Ce qui permettra de mettre fin à plusieurs mois de conflit et de relancer pleinement la production de Loulo-Gounkoto

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici