L’Afrique du Sud accueillera un important exercice naval BRICS Plus dans ses eaux territoriales du 9
au 16 janvier 2026. L’Iran y participe pour la première fois aux côtés de la Russie et de la Chine.
Les manœuvres BRICS Plus, qu’accueille Prétoria, baptisées « Exercice Mosi III » et rebaptisées « Exercice Volonté pour la Paix 2026 », ont déjà suscité la controverse.
Les partis d’opposition avertissent que la décision de Prétoria d’accueillir des Etats sous sanctions compromet son affirmation de non-alignement et risque de tendre davantage les relations avec les Etats-Unis.
Le ministère de la Défense a confirmé que l’exercice se déroulera au large du Cap, sous commandement chinois, et impliquera les marines du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, de l’Ethiopie, de l’Iran, de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et de l’Indonésie.
Selon les responsables, le programme sera axé sur la sécurité maritime, l’entraînement à l’interopérabilité et la protection des principales routes commerciales, reflétant le rôle croissant du BRICS Plus dans la coopération mondiale en matière de sécurité.
L’inclusion de l’Iran a toutefois suscité de vives critiques de la part de l’Alliance démocratique (DA), qui soutient que le BRICS était conçu comme un partenariat économique, et non comme une alliance militaire. Le porte-parole de l’Alliance démocratique (DA) pour la défense, Chris Hattingh, a déclaré que l’accueil des forces iraniennes et russes « envoie un signal politique clair » et compromet la position de non-alignement de l’Afrique du Sud.
« Accueillir les forces militaires iraniennes et russes n’est pas un acte de neutralité. Ce sont des États sous sanctions, impliqués dans des conflits actifs et de graves violations des droits de l’homme », a affirmé M. Hattingh.
« Leur permettre de mener des exercices militaires dans les eaux sud-africaines envoie un signal politique clair, que le gouvernement l’admette ou non. La politique de non-alignement de l’Afrique du Sud est vidée de sa substance », a-t-il précisé.
Il a averti que cette décision aggraverait les tensions avec Washington, rappelant que le président iranien avait publiquement déclaré que son pays était en état de guerre contre les États-Unis et les puissances occidentales.
Les relations entre l’Afrique du Sud et les Etats-Unis se sont détériorées depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025.
Les exercices militaires conjoints avec les États-Unis ont été annulés, la participation américaine au salon Africa Aerospace and Defence s’est effondrée et les échanges diplomatiques sont de plus en plus tendus. Selon les analystes, le rapprochement de Prétoria avec des États sous sanctions comme la Russie et l’Iran a accentué les
tensions, Washington considérant de tels liens comme incompatibles avec les valeurs démocratiques et les engagements en matière de droits humains.
Les responsables de la défense sud-africaine insistent toutefois sur le fait que cet exercice vise à renforcer la sécurité maritime et la coopération multilatérale, et non à favoriser un alignement politique.
Le chef d’état-major par intérim du ministère de la Défense, Mpho Mathebula, a déclaré que ce thème reflète un engagement collectif à sécuriser les routes commerciales et à améliorer les procédures opérationnelles communes.
Source/JN/fss/ac/Sf/APA




