La Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bamako a rendu, ce mardi 16 décembre 2025, son délibéré très attendu dans le dossier judiciaire opposant le ministère public à Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et à Rokia Doumbia, dite Rose “Vie Chère”.
À l’issue de cette décision, la juridiction a choisi de renvoyer l’affaire devant la Cour d’assises, dans le cadre des poursuites pour « association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État ».

Cette décision intervient après plus de deux années de détention préventive pour les deux prévenus et marque une nouvelle étape dans une procédure devenue emblématique et particulièrement suivie par l’opinion nationale.

Un verdict attendu, une orientation judiciaire surprenante

Attendue depuis plusieurs semaines, la décision de la Chambre d’accusation était perçue comme un tournant possible dans ce dossier complexe.
Si le renvoi devant une juridiction de jugement constitue, en soi, une suite logique dans certaines procédures criminelles, le choix de la Cour d’assises suscite toutefois de nombreuses interrogations, dans la mesure où cette juridiction n’existe plus dans son ancienne forme dans l’architecture judiciaire malienne actuelle.

Cette situation ouvre désormais une phase d’incertitude procédurale, appelant à des clarifications institutionnelles sur la juridiction compétente appelée à connaître du fond de l’affaire.

Un dossier judiciaire au long parcours

L’affaire Ras Bath – Rose Vie Chère trouve son origine en mars 2023, à la suite de déclarations publiques ayant conduit à l’ouverture de poursuites judiciaires.
Au fil du temps, le dossier a connu plusieurs phases :

  • arrestation et placement en détention,
  • instruction prolongée,
  • audiences successives devant différentes juridictions,
  • et enfin examen en appel par la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bamako.

Durant toute cette période, les chefs d’accusation retenus ont principalement porté sur l’association de malfaiteurs et l’atteinte au crédit de l’État, des qualifications lourdes, examinées avec attention par les magistrats instructeurs.

Une défense assurée par des figures majeures du droit

Tout au long de la procédure, la défense des deux prévenus a été portée par des avocats de renom, notamment :

  • Me Kassoum Tapo, éminent avocat, ancien bâtonnier et ancien ministre de la Justice ;
  • Me Mohamed Aly Bathily, ancien ministre de la Justice et ancien député, intervenant dans le strict cadre de sa robe d’avocat, et père biologique de Mohamed Youssouf Bathily.

Les conseils de la défense ont constamment plaidé pour le respect des droits fondamentaux, la régularité de la procédure et l’application rigoureuse de la loi, sans remise en cause de l’autorité judiciaire.

Une audience et un délibéré dans le respect des institutions

Lors de l’audience du 25 novembre 2025, les débats s’étaient déroulés dans un climat calme et respectueux, selon plusieurs sources judiciaires concordantes.
Le parquet, pour sa part, s’était abstenu de requérir une peine d’emprisonnement, rappelant que l’application de la loi relevait de l’appréciation souveraine des juges.

À Lire Aussi :

Affaire Ras Bath : Faisons confiance aux juges

À Lire Aussi :

Affaire Ras Bath : L’incohérence du collectif des avocats

Le délibéré rendu ce 16 décembre s’inscrit donc dans la continuité de cette procédure, même si son orientation interpelle plus d’un observateur.

Entre attente judiciaire et responsabilité citoyenne

Depuis l’annonce de la décision, les appels à la retenue, au calme et au respect des institutions se multiplient.
Les proches des prévenus, leurs avocats ainsi que plusieurs acteurs de la société civile rappellent que le processus judiciaire n’est pas achevé et que les voies de droit restent ouvertes.

De son côté, Mohamed Youssouf Bathily a toujours affirmé sa confiance dans la Justice de son pays, estimant que seul le droit doit prévaloir, indépendamment des opinions ou des émotions suscitées par l’affaire.

Une affaire qui continue de marquer le débat public

Au-delà des personnes concernées, ce dossier continue de soulever des réflexions profondes sur :

  • la durée de la détention préventive,
  • l’évolution des juridictions pénales au Mali,
  • et la place des figures publiques dans le débat national.

Autant de questions qui devront être abordées avec sérénité, dans le strict respect de l’État de droit.

La suite attendue

Après ce renvoi devant la Cour d’assises, les regards se tournent désormais vers les autorités judiciaires compétentes, appelées à préciser les modalités de poursuite de la procédure et la juridiction appelée à connaître du fond.

Bamada.net, fidèle à sa mission d’information responsable, continuera de suivre cette affaire avec rigueur, prudence et professionnalisme, en relayant exclusivement des informations officielles et vérifiées, dans le respect de la Justice et des institutions de la République.

NB : Toute reproduction, intégrale ou partielle, sans une autorisation explicite de notre part est strictement interdite. Cette action constitue une violation de nos droits d’auteur, et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour faire respecter ces droits.

Source: Bamada.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici